4€  13° année - n° 73 JANVIER - FEVRIER 2005


ITALIE
 
 

Les manifestations se succèdent contre la politique d'immigration du gouvernement Berlusconi. Les deux dernières, le 4 décembre à l'appel d'une cinquantaine d'organisations et de collectifs mais sans les syndicats et le 18 décembre à l'appel des trois grandes centrales syndicales, ont réuni chacune plusieurs dizaines de milliers de personnes à Rome.

La citoyenneté européenne de résidence

Avec les revendications réclamant la régularisation des sans-papiers et une autre politique d'immigration en Italie et en Europe, un des thèmes mobilisateurs était la citoyenneté de résidence pour les ressortissants extra-communautaires séjournant en permanence en Europe. Pour Pietro Soldini, responsable des politiques de l'immigration à la Confédération générale italienne du travail CGIL : "Cette revendication a une grande signification stratégique, non seulement parce qu'elle permet l'acquisition de droits civiques, sociaux et politiques, y compris le droit de vote, mais aussi parce qu'elle va au-delà de l'ancien et borné critère de la nationalité raciale du sang (jus sanguinis) et affirme un principe de civilisation moderne (jus soli) d'une nationalité facile à acquérir pour tous les citoyens qui résident, vivent et travaillent." (L'Humanité du 20 décembre).

Une délégation française de la campagne "Pour une citoyenneté européenne de résidence" était présente et remarquée par la presse italienne, à la manifestation du 4 décembre. Le lancement d'une campagne similaire en Italie est prévu le 21 janvier.
 
 
 
 

Élection de la Commission consultative des étrangers à Merano

Après plusieurs mois de préparation, l'élection de la première Commission consultative des étrangers a eu lieu le 12 décembre à Merano dans le Haut Adige. Sur les 18 candidats en lice, 9 ont été élus provenant des zones géographiques les plus représentées dans la ville, comme prévu par le règlement : 3 d'Albanie, 2 d'Europe, 1 du Maroc, 1 de Serbie-Montenegro, 1 d'Asie, 1 d'Afrique, 1 d'Amérique. À noter la forte présence féminine : 7 des 19 candidats, 6 des 9 élus.

Sur les 1 300 étrangers extracommunautaires, résidant à Merano depuis au moins un an, qui avaient le droit de voter, 350, soit 27,6 % ont participé à l'élection. Ce pourcentage, bien supérieur à celui enregistré dans les autres expériences italiennes, témoigne de l'importance qu'accorde la communauté étrangère de la ville à la participation politique.

Dès la première heure, les électeurs se sont présentés au bureau de vote, ouvert à 7 heures, et ont continué à affluer, nombreux toute la journée. Les opérations se sont déroulées, régulièrement et normalement.

La commune avait mis à la disposition de l'opération six fonctionnaires communaux de divers services qui se sont relayés à l'unique bureau de vote. À noter une innovation qui pourrait s'appliquer aux élections communales pour simplifier les parties administratives : la commune, à cette occasion, n'a pas envoyé de carte d'électeur mais tout s'est déroulé avec l'aide de quatre postes informatisés qui ont vérifié la présence des électeurs sur les listes électorales, ont enregistré le passage dans l'isoloir pour l'exercice du vote. De cette façon, à chaque instant de la journée, le nombre de participants, important pour le succès de l'initiative, a pu être connu.

Les tâches qui attendent maintenant le Conseil après la proclamation officielle des résultats et la présentation du nouvel organisme au maire et au conseil municipal sont l'élection du ou de la président(e) du Conseil et l'approbation du règlement intérieur avant de commencer concrètement ses activités au service de la communauté étrangère de la cité.

Paolo Attanasio
 



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