4€  15° année - n° 87 MAI - JUIN  2007



•••France L’élection présidentielle a mobilisé les Français installés à l’étranger. 941 364 électeurs se sont inscrits sur les listes consulaires, 436 063 de plus qu’en 2002. 823 100 ont choisi d’exercer leur droit de vote à partir de l’étranger, les autres votant en France personnellement ou par procuration.

Sur les 1,37 millions de Français résidant à l’étranger, 615 000 ont une double nationalité. Le pourcentage de binationaux n’était que de 25 % en 1984 et ne cesse de croître.

Au premier tour de l’élection, 40,3 % de ceux qui pouvaient le faire à l’étranger ont voté. Presque 90 % des voix se sont portés sur les trois candidats arrivés en tête du scrutin : 38,5 % pour Nicolas Sarkozy, 29,9 % pour Ségolène Royal et 21,5 % pour François Bayrou. Nicolas Sarkozy recueille plus de la moitié des votes en Israël, 82 % et aux États-Unis, 51 %.

Ségolène Royal est première en Allemagne.

Une vingtaine d’associations réunies dans le collectif des associations de Marocains de France a organisé un débat le 14 avril à Puteaux sur le thème "Citoyenneté et double nationalité". Ce collectif regrette l’exclusion effective des Marocains résidant à l’étranger des prochaines élections législatives marocaines et souhaite que le Conseil supérieur de la communauté marocaine à l’étranger qui doit se mettre en place, soit réellement démocratique et représentatif. Le sondage réalisé par l’IFOP pour le CEVIPOF et le ministère de l’Intérieur en février donne 65 % de personnes d’accord pour que "tous les étrangers résidant en France depuis plusieurs années" aient "le droit de vote aux élections municipales". L’Association "Pour une citoyenneté européenne de résidence" (ACER, 40 rue de Malte 75011 Paris) publie sa note n°3 Pour une représentation politique à l’image de la société. Des tableaux montrent que les femmes sont loin d’atteindre la parité et que les élus d’origine étrangère non-européenne sont très peu nombreux : 6 % des élus municipaux d’union de la gauche, 1,7 % des élus d’union de la droite dans les villes de plus de 50 000 habitants. Après la carte d’identité sécurisée, l’instauration du passeport électronique crée d’importantes difficultés aux Français nés en France de parents étrangers ou nés à l’étranger de parents français. Lorsqu’ils renouvellent leur document, l’administration exige des justificatifs : décret de naturalisation ou de réintégration dans la nationalité française, déclaration d’acquisition de la nationalité, certificat de nationalité française. Les documents concernent les parents, voire les grands-parents, et sont parfois difficiles à obtenir. Plus de 10 % de la population française est visée par ces nouvelles règles et beaucoup supportent mal ce qu’ils considèrent comme une suspicion de fraude

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