
4€ 16° année - n° 94 JUILLET- AOUT 2008
Le récent débat parlementaire est une nouvelle occasion ratée pour la France de rattraper ses voisins du nord de L’Europe et d’améliorer l’exercice de la démocratie dans un pays qui se flatte d’être le pays des droits de l’Homme depuis 1789.
Ce qui vient de se passer est pourtant loin d’être négatif. La mobilisation militante des organisations, les prises de position politiques, le relais meilleur que d’habitude des médias sur cette question ont fait entendre la revendication au niveau de la population comme des élus.
Et surtout, il n’y a plus de véritable opposition au principe lui-même d’accorder le droit de vote à tous les étrangers. Les seuls arguments soulevés par quelques sénateurs, reprenant ceux que Nicolas Sarkozy a avancés il y a quelques mois, sont la réciprocité et la durée de résidence. Il y a, bien sûr, beaucoup d’hypocrisie derrière ces arguments. S’est-on un jour posé, en France, la question de la réciprocité quand, avant Maastricht, les Français pouvaient voter aux élections locales en Irlande, en Suède, aux Pays-Bas…et quand, en dehors de l’Union européenne, ils peuvent voter actuellement aux élections locales sur tout ou partie du territoire dans plus de 20 pays non membres de l’Union européenne… et dans 4 pays à toutes les élections !!!
Les élus qui avancent cet argument pensent aux pays d’origine de l’immigration dont ils savent pertinemment qu’ils ne sont pas des exemples de démocratie et qu’ils ne sont pas prêts d’accorder aux Français résidant sur leur territoire des droits qu’ils n’accordent déjà pas réellement à leurs propres ressortissants. Quant à la durée, aucun des Etats ayant donné le droit de vote aux étrangers n’a exigé un délai supérieur à cinq ans ; parler d’un délai de dix ans est de l’ordre de la provocation
Il n’empêche, le principe du droit de vote des étrangers
non communautaires est désormais une évidence même
pour les parlementaires de droite, les restriction ne gomment pas l’essentiel.
Si, en pratique, il faudra encore attendre quelques années, en théorie,
le combat pour le droit de vote des étrangers est gagné,
idéologiquement, en France.