
4€ 16° année - n° 92 MARS - AVRIL 2008
EDITO
Les résultats de notre sondage annuel
semblent témoigner d’une maturité de l’opinion publique sur
la question du droit de vote des étrangers. Une majorité
de Français estiment que les résidents étrangers font
partie du peuple de France et qu’il n’y a pas lieu de faire une discrimination
entre les citoyens de l’Union européenne et les ressortissants des
Etats tiers. Nous savons par ailleurs que l’opinion est encore plus favorable,
de l’ordre de 60% dans les derniers sondages, à la participation
de tous les résidents étrangers aux élections municipales.
En ce qui concerne la durée de résidence
requise pour avoir ce droit de vote, les personnes interrogées estiment
que cette durée devrait être au maximum de cinq ans. Cinq
ans, plus rarement trois ans, sont les durées de résidence
exigées dans les pays européens qui ont donné le droit
de vote à leurs résidents étrangers. Décidemment,
les Français sont spontanément raisonnables ou bien informés
!
La seule question qui se pose désormais
est de savoir quand le législateur entendra-t-il les voix de ceux
qui ont le droit de vote et de ceux qui le demandent. 160 ans après
l’instauration du suffrage universel, ouvert aux seuls hommes, le 5 mars
1848, il serait temps de faire un pas de plus vers un suffrage réellement
universel.