
4€ 14° année - n° 82 JUILLET AOUT 2006
L'accès à la nationalité des pays d'accueil s'était relativement simplifié dans plusieurs pays d'Europe et nous nous en étions félicités. Il y a eu en particulier en 2000 les premiers pas du droit du sol en Allemagne et la possibilité d'acquérir systématiquement la nationalité belge pour ceux qui ont résidé au moins sept ans dans le pays.
Malheureusement depuis quelques mois, la tendance à l'ouverture s'inverse et plusieurs pays vont mettre en place ce qui est la règle en Amérique du Nord : trier, par des tests de connaissance linguistique et historique, les bons immigrés, bien intégrés et d'un niveau culturel suffisant, qui auront le droit d'acquérir la nationalité du pays d'accueil e tles autres qui auront le "droit" de rester des étrangers.
À la suite de l'initiative prise par deux länder de faire passer des tests de culture générale aux candidats à la naturalisation, les ministres de l'Intérieur de seize länder allemands ont prévu de généraliser le principe des tests. Au Royaume-Uni, depuis le 1er novembre 2005, des tests sur la culture et les valeurs britanniques sont obligatoires pour les postulants à la nationalité britannique. Six pays européens dont la France vont obliger les candidats à la naturalisation à passer des tests de connaissance sur leur pays d'accueil. Demain les futurs nationaux devront connaître leur nouveau pays bien mieux que ceux dont le seul mérite est d'avoir eu la chance de naître au bon endroit.
De plus, les naturalisés ont intérêt à être exemplaires, à bien se tenir. Le retrait de leur nationalité en cas de délit est à la mode. Aux Pays-Bas, une fausse déclaration au moment d'une demande e a entraîné la déchéance de la nationalité néerlandaise... et la démission du gouvernement (voir article sur le vote aux Pays-Bas).
L'accès à la nationalité des pays d'accueil doit devenir un droit définitif et la double nationalité une possibilité offerte à tous. De nombreux immigrés restent partagés entre leurs deux pays, souhaitant avoir le passeport de leur pays d'accueil et celui de leur pays d'origine lorsqu'ils y résident.
On peut aussi choisir de garder sa nationalité;
La citoyenneté pour tous les résidents, le droit de vote
et d'éligibilité, ne s'opposent pas mais sont bien complémentaires
à un meilleur accès à la nationalité des pays
d'accueil