4€  13° année - n° 73 JANVIER - FEVRIER 2005


ÉDITO

Même si l' "affirmative action" américaine est loin de faire consensus sur le vieux continent, la lutte contre les discriminations est enfin officiellement à l'ordre du jour en France et s'inspire de ce qui a été réalisé depuis plusieurs années dans d'autres pays d'Europe. Parmi les discriminations dont souffrent les personnes d'origine étrangère, celles qui concernent la vie politique nous intéressent plus spécialement. Lors d'une récente conférence de l'Association de la presse étrangère, un intervenant soulignait qu'il n'y avait que 52 élus issus de l'immigration non-européenne ou des départements ou territoires d'outre-mer parmi les 3 804 sénateurs, députés, conseillers généraux et régionaux de France métropolitaine, soit 1,3 % pour une population qui représente sans doute dix fois plus. Une des difficultés vient justement du fait qu'il est difficile d'avoir une idée précise de la situation et de son évolution car il n'est pas dans la tradition française de qualifier les différences ethniques contrairement à la pratique anglo-saxonne (voir l'article de Daniel Gordon p. 4). C'est ainsi que, par exemple, dans certains pays, le terme de minorités visibles est aujourd'hui préféré à celui de minorités ethniques. Autre exemple, un sénateur français s'en est pris récemment au site Internet belge de notre ami Pierre-Yves Lambert parce qu'il avait répertorié par origine ethnique les élus régionaux français. Pourtant des élus français d'origine non-européenne ont senti le besoin de créer leur propre site Internet (voir p. 2) mais d'autres ne souhaitent pas faire référence à leur origine.

La Lettre est plus que concernée par ce débat. Comment souhaiter une juste place dans la vie publique aux résidents étrangers mais aussi aux nationaux d'origine étrangère sans les nommer et dénombrer ? Est-il possible de recenser l'origine nationale et/ou ethnique des candidats, élus ou responsables politiques ? Jusqu'à quelle génération est-on d'origine étrangère et est-ce variable suivant l'origine ? La transparence sur son origine est-elle incompatible avec une intégration réussie ? N'hésitez pas à nous donner votre avis car peut-être faisons-nous fausse route.



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