NATIONALITE, DROIT DE VOTE DES RESIDENTS ETRANGERS
Allemagne : une réforme difficile
mais nécessaire
La campagne
de pétitions lancée par les deux partis chrétiens
démocrates, CDU et CSU, contre le projet de loi du gouvernement
sur la nationalité a recueilli plus d'1 million de signatures. la
défaite, le 7 février, de la coalition socio-démocrates-verts
aux élections régionales de Hesse fait perdre aux partis
gouvernementaux la majorité au Bundesrat, Chambre haute où
sont représentés les Länder. Il sera difficile pour
le chancelier Gerhard Schröder de mener à terme le projet dans
sa forme initiale.
Avec sa pétition
"oui à l'intégration, non à double nationalité",
l'opposition se veut le reflet d'une opinion que l'on sait majoritairement
défavorable à la double nationalité. S'ils ne veulent
pas s'aligner sur l'extrême droite, les chrétiens démocrates
ont intérêt à montrer quelles mesures ils prendraient
eux, pour intégrer concrètement des étrangers résidant
en Allemagne.
Le projet
du gouvernement Schröder représentait une véritable
révolution dans un pays attaché depuis près d'un siècle
au droit du sang. Le Parti libéral FDP, favorable depuis longtemps
à une ouverture du code de la nationalité, propose un compromis
pour sortir de la crise : accorder la double nationalité aux enfants
d'étrangers nés en Allemagne jusqu'à 18 ou 23 ans,
âge auquel ils devraient choisir entre les 2 passeports. Gerhard
Schröder suggère que ce modèle s'applique aux adultes
qui disposeraient d'un certain temps après leur naturalisation avant
de devoir abandonner leur double nationalité. Contrairement à
ce qui a pu être écrit, il n'y a nullement abandon du projet
de réforme mais cette réforme sera sans doute moins ambitieuse
que prévue initialement. Il doit persister une majorité dans
les deux chambres du Parlement allemand pour voter la réforme espérée
par tous ceux qui militent en Europe pour une véritable citoyenneté
des étrangers.
L'objectif
est bien comme l'a dit le ministre de l'Intérieur Otto Schily de
créer en Allemagne un droit moderne de la nationalité en
espérant que le problème de la double nationalité
perdra à terme de son importance.
Au fait,
est-ce qu'actuellement un autre état en Europe aurait le courage
d'ouvrir la voie à la naturalisation de 4 millions d'étrangers
?
Lettre de la
Citoyenneté n°38 : SOMMAIRE
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