
4€ 12° année - n° 71 SEPTEMBRE - OCTOBRE
2004
BELGIQUE : DE NOUVEAUX MINISTRES ET
PARLEMENTAIRES D'ORIGINE ÉTRANGÈRE
Plusieurs changements constitutionnels ont fait de la Belgique depuis le début des années 1970 un État fédéral avec des parlements régionaux aux compétences de plus en plus élargies. Les députés de ces parlements ont été réélus pour cinq ans le 13 juin, en même temps que les élections européennes. Trois communautés culturelles,
francophone, néerlandophone et germanophone, et trois régions, Flandre, Wallonie et Bruxelles, sont reconnues par la Constitution. Six exécutifs se partagent le pouvoir : le
gouvernement fédéral et cinq exécutifs régionaux, le gouvernement flamand cumulant les attributions communautaire et régionale. Les parlements des communautés nomment
une partie du Sénat qui, avec
la Chambre des représentants réélue pour quatre ans
en 2003, représente le niveau législatif fédéral.
Jusqu'aux dernières élections, les coalitions majoritaires
des différents exécutifs étaient relativement homogènes,
ce n'est plus le cas et pour la première fois des majorités
"asymétriques" gouvernent. Conséquence de la place de plus
en plus importante prise ces dernières années par les "allochtones"
dans la vie politique belge (cf. La lettre n°48)
de nombreux élus d'origine étrangère sont entrés
dans les parlements régionaux et quatre d'entre eux font partie
des nouveaux exécutifs.
Quatre ministres
d’origine étrangère
Le leader socialiste wallon d'origine italienne, Elio Di Rupo, avait été en 1999 le premier ministre-président d'origine étrangère de la région wallonne. Anissa Temsamani avait été
en 2003 la première secrétaire d'État d'origine marocaine à faire partie du gouvernement fédéral.
En 2004, chaque grande région d'origine de l'immigration a son ministre :
- Gisèle Mandaila Malamba,
venant de l'Afrique subsaharienne et membre du Mouvement réformateur (libéral) devient secrétaire d'État à la Famille au sein du gouvernement fédéral.
- Marie Aréna, socialiste d'origine italienne, est ministre-président de la Communauté francophone et ministre de l'Éducation.
- Fadila Laanan, socialiste d'origine marocaine, est ministre de la Culture, de 'Audiovisuel et de la Jeunesse dans le gouvernement de la communauté francophone.
- Emir Kir, socialiste d'origine turque, devient secrétaire d'État à la Propreté publique, aux monuments et sites au sein du gouvernement de la région de Bruxelles. Plusieurs
controverses entourent la nomination
de ce dernier tant à propos de son prétendu diplôme
universitaire que de sa participation avérée, y4compris
au cours de la dernièrecampagne électorale, à des
activités et manifestations politiques marquées du sceau
de l'extrême droite nationaliste turque.
35 parlementaires
sur 537 d’origine non-européenne
Cinq députés et deux sénateurs avaient été élus en 2003 (cf. La Lettre n°64). Après les élections de 2004, trente-cinq parlementaires belges,
élus directement, cooptés ou suppléants de ministres, sont d'origine non-européenne.
Au niveau fédéral, il y a dorénavant cinq députés (quatre socialistes et une démocrate-chrétienne) et cinq sénatrices (toutes socialistes ou apparentée), deux femmes Fauzaya
Talhaoui et Joëlle Kapompolé, première sénatrice d'origine congolaise, ayant rejoint leurs collègues, Sfia Bouarfa, Mimount Bousakla et Fatma Pehlivan élues en 2003. Le 13 juin, un des vingt-quatre eurodéputés belges élus est d'origine marocaine (et socialiste). Au niveau des régions, deux des cent vingt-quatre députés régionaux flamands, un des
soixante-quinze députés régionaux wallons et vingt-deux des quatre vingt-neuf députés régionaux bruxellois, sont d'origine non-européenne.
Vingt-cinq de ces parlementaires sont d'origine marocaine, quatre d'origine turque, quatre d'origine africaine subsaharienne, un originaire de Tunisie et un autre d'Israël.
Vingt-huit ont été élus sur des listes socialistes, nombre à rapprocher d'un sondage-sortie des urnes qui indiquait que 54,5 % des musulmans bruxellois avaient voté le 13 juin pour le Parti socialiste. Les six autres élus étaient candidats des partis libéraux, chrétiens-démocrates ou écologiste.