La Musique du Vent

et les Jouets du Vent

Interprètes.

Le vent, souffleur.

Le vent qui chante, ou tempête qui hurle.

Le vent, musicien polyinstrumentiste.

Le vent, orchestre avec les percussions, les cordes et les ... vents.

Le vent, chef d'orchestre sur une partition aléatoire.

Le vent ... silence ...

Au programme ... musical :

La famille des Percussions.

Cette famille d'instruments éoliens est la plus nombreuse. Les idiophones constituent l'écrasante majorité de cette famille : le son est produit par la frappe d'un objet dont on provoque la résonance. Les objets résonants utilisés sont très variés en forme et en matière : tubes de bambous ou en métal, cloches, plaques de bambou ou de métal, sonailles de noix ou de coquillages, grelots, gongs, tambours en bois creux, futs métalliques et casseroles, bouteilles de verre, ... . Ajoutons à cette liste quelques membranophones : tambours à peaux, boites de conserves à membrane. Et un instrument à friction : la crécelle.

Les instruments à battant éolien aléatoire constitue la première sous-famille : l'objet résonant est frappé par un battant poussé aléatoirement par le vent. Dans certains instruments, le battant n'existe pas car les objets résonants se frappent mutuellement sous l'action vélique. Dans d'autres, le battant est entraîné par une "plaque" qui reçoit les poussées du vent. Bien souvent, plusieures unités résonantes produisant des sons différents sont associées au sein du même instrument pour produire une riche mélodie aléatoire : le carillon éolien.

La seconde sous-famille regroupe les appareils de musique mécanique éolien : les moulins éoliens à percussions . Plus perfectionnés, ces automatophones utilisent plusieures unités résonantes qui sont frappées par des battants disposés sur un système de transmission mu par une hélice éolienne ou autre moulin à vent. La combinaison des unités résonantes et la distribution des battants sur la transmission définissent un thème mélodique périodique. Le même mécanisme peut actionner la crécelle. Certaines réalisations vont jusqu'à animer de petites scènettes répétitives avec divers personnages actionnés. Remarquons tristement que le vent est réduit içi au rôle énergétique et que notre moulin à vent peut être remplacé par un moulin à eau ou pire encore ! Certains cerf-volants chinois emportent une version simplifiée de moulin éolien frappant des gongs hyperlégers.

La famille des Cordes.

La soliste vedette de cette famille est sans conteste la harpe éolienne. Le vent soufflant dans ses cordes provoque la vibration de celles-çi. La hauteur des sons dépend du diamètre des cordes et de la vitesse du vent. L'amplification de la vibration des cordes est assurée par la caisse de résonance. Des volets réglables canalisent le souffle sur les cordes. Cet instrument aux sonorités mélancoliques produit malheureusement un son faible. Un son que BERLIOZ assimilait à "un accès d'une grande tristesse doublée d'une tentation du suicide".

Selon le même principe, des cerf-volants à voilure résonante de divers pays orientaux exploitent leur voilure en papier tendu comme résonateur (papier kraft par exemple) ; une ou plusieures cordes sont tendues sur les armatures transversales.

La famille des ... Vents.

Famille variée où la vibration de l'air qui produit le son est obtenue soit par une anche comme le sax, soit par une embouchure comme la trompette ou les diverses flûtes. Lorsque le dispositif vibratoire constitue l'extrémité d'un tuyau, la hauteur du son dépend directement de la longueur de ce tuyau. La plage de vent de ces instruments est limitée : trop faible pas de son, trop fort son sur-aigu ou voilé.

Commençons par un instrument primitif, le rombe : simple plaque de bois ou de métal, cylindre de bambou ou de plastique équipé d'une longue fente longitudinale. L'anche ainsi constituée est attachée au bout d'une ficelle pour la faire tournoyer rapidement dans un grand fracas.

L'arc sonore est l'instrument éolien le plus simple : un fin ruban en rotin, "bolduc" ou bande magnétique d'ordinateur, tendu par un arc cintré en bambou, fibre de verre ou carbone. Le ruban peut être remplacé par une longue bande de papier pliée et collée (dans le sens de la longueur) autour d'une fine corde qui sera tendue. C'est bien d'un instrument à vent et non à corde qu'il s'agit, et plus préçisement d'un instrument à anche : le son est produit par la vibration de l'air autour du ruban. Sa hauteur dépend principalement de la largeur du ruban/anche, puis secondairement de la tension et de la longueur de celui-çi. Le bruit obtenu est tel que les arcs sont embarquables sur cerf-volant statique ou, plus amusant sur la barre transversale avant d'un cerf-volant pilotable à 2 ou 4 lignes : le son variera selon vos figures.

Les sifflets, instruments où l'air arrive sur une fente sifflante et équipés d'un tuyau (bambou) ou d'une calebasse, nécessitent aussi un vent soutenu et sont, par conséquent, à placer sur un cerf-volant. La hauteur du son dépend de taille des sifflets. Les cerf-volants siffleurs de Nantong constituent une des réalisations les plus abouties de cet instrument. Le niveau sonore et la texture du son sont correct, mais la musique obtenue est monotone car le vent d'altitude, peu perturbé, souffle également et continuement sur les sifflets.

sifflet éolien

L'orgue éolien, grand bambou de 2 à 3 mètres et de bon diamètre (35 à 120 mm de section), est équipé entre chaque noeud d'une simple fente sifflante. La hauteur du son dépend de la section du bambou, sauf dans certains dispositifs plus élaborés où elle dépend de la longueur du tuyau. L'association de plusieurs bambous de sections différentes, dans un vent médium légèrement pertubé, permet d'obtenir une grande variété de notes allant des aigus brillants de la flûte aux graves majestueux des orgues.

Le coin des Facteurs d'instruments.

Plusieurs facteurs d'instruments de musique éoliennes joignables par e-mail, certains ayant un site web de musique éolienne :
Toutes les adresses e-mail sont écrites en remplaçant le @ par AT, pour empécher que les "robots" trouvent et utilisent cette adresse pour leurs envois en masse.

Bibliographie

Commençons par la bible que doit posséder tout apprenti-facteur d'instrument éolien : "Musiques Eoliennes" de Christine ARMENGAUD édité en 83 chez Dessain et Tolra. Quatres chapîtres : les sifflets éoliens , les harpes éoliennes , les cerf-volants sonores, les épouvantails à bruits. Descriptions détaillées avec plans et photos, en particulier, sur la harpe éolienne (matériaux, construction et réglage), l'arc sonore (fabrication) et les sifflets pour cerf-volants (détails des fentes sifflantes).

Le numéro hors série n°128 bis de Jeunes Années Magazine consacré aux "Cerf-volants et Jeux du Vent" (juin 78 - édité par Francs et Franches Camarades) donne un plan de harpe éolienne avec les instructions complètes de fabrication ainsi que des réalisations de carillons éoliens à base de matériaux de récupération (bouteilles, tuyaux métalliques, boites de conserves).

André THIEBAULT décrit préçisément trois moulins musicaux éoliens (tam-tam, sanza), et d'autres animant des personnages (diablotin, ...), ainsi que la fabrication des hélices. "Jouets à vents" aux éditions du Centurion, 1964.

"La Musique de l'eau", écrit par Jacques DUDON et édité en 82 par les éditions Alternatives, recèle quelques pages instructives sur la fabrication de divers moulins à bruits, un paragraphe intéressant sur le paramètrage des fentes d'un sifflet et une rapide théorie musicale directement applicable pour accorder votre instrument ou composer le thème de votre automatophone.

"Construire des instruments" de J. MAUMENE et G. PINEAU, collection CEMEA, éditions du Scarabée, 1975 : parmi beaucoup d'instruments simples à construire, le rombe et le chime y sont clairement décrits.

Une autre excellente source d'inspiration est le livre "Lutherie Sauvage" de Max VANDERVORST, aux éditions Alternatives, toujours elles !

Signalons que certains de ces livres sont épuisés mais sont consultables en bibliothèques et centres de documentation.

Enfin le site des instruments de musique expérimentaux EMI de Bart HOPKIN !

Les Jouets du vents

Ce sont des dispositifs jouant avec le vent, actionnés par le vent. Içi, tout est possible! de la girouette aux épouvantails, des drapeaux et bannières aux moulins à vents, des sculptures éoliennes aux constructions hétéroclites .....

Les ScènéOlists : constructeurs de ces Jouets du Vent :

Plusieurs constructeurs joignables par e-mail, certains ayant un site web sur des jouets du vent. :
Toutes les adresses e-mail sont écrites en remplaçant le @ par AT, pour empécher que les "robots" trouvent et utilisent cette adresse pour leurs envois en masse.

Les Jardins du vent.

Voici le moment le plus agréable : celui du parcours guidé dans les reportages sur divers jardins du vent.

Le vent joué.

Le vent, sans artifice, produit sa propre musique : le murmure de la brise, le hurlement de la tempête. L'éoliphone ou machine à vent est l'instrument qui imite le bruit du vent. Le son est obtenu par le frottement rapide de barres en bois sur une toile.

Silence.


Didier Ferment



[Page Précédente - Back]       [Sommaire]       [Summary]